Sud-est · Drâa-Tafilalet
Skoura
31° 04′ N · 6° 33′ W
Oasis de la province de Ouarzazate, irriguée par trois oueds descendus du Haut Atlas et par des khettaras souterraines ; la commune de Skoura Ahl El Oust comptait 24 053 habitants en 2024, dont 4 576 dans le centre urbain de Skoura.
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Situation
Skoura fait partie de la province de Ouarzazate, dans la région Drâa-Tafilalet. Au recensement de 2024, la commune rurale de Skoura Ahl El Oust, dans le cercle de Ouarzazate, comptait 24 053 habitants répartis en 4 879 ménages ; 4 576 d’entre eux vivaient dans le centre urbain de Skoura. La localité actuelle se trouve à la lisière est de l’oasis, sur la route principale venant de Ouarzazate.
L’oasis occupe un bassin étroit et remblayé, à une altitude de 1 000 à 1 600 mètres, limité au nord par le Haut Atlas et au sud par le Jbel Saghro. Elle s’étend entre et autour du confluent de trois oueds qui ne coulent qu’une partie de l’année : l’oued el-Hajjaj, l’oued Boujilha et l’oued Madri naissent dans le Haut Atlas et descendent vers le sud jusqu’au Dadès. Ils coulent en général de la fin de l’hiver à la fin du printemps. Ils sont alimentés par la montagne, où les précipitations atteignent jusqu’à 600 millimètres par an et où la plupart des sommets restent enneigés de novembre à avril ; cette réserve alimente aussi sources, puits et khettaras.
Économie
À Skoura, on cultive surtout de petites parcelles où palmiers dattiers, arbres fruitiers et cultures basses poussent ensemble ; palmiers et arbres fruitiers se contentent d’une irrigation saisonnière. L’oasis relève du type à trois étages de cultures : palmiers dattiers, arbres fruitiers, céréales et légumes. Là où l’eau manque, à l’aval de l’oasis, de simples champs de céréales remplacent les jardins.
Le réseau d’irrigation comprend trois éléments : le barrage de dérivation (agoug) dans le lit de l’oued, la source et sa khettara, et les canaux (séguias) qui mènent l’eau aux parcelles. La khettara est une galerie en légère pente, assez haute pour qu’on y circule courbé ; en surface, une ligne de puits espacés d’une dizaine de mètres la signale, par lesquels on a évacué les déblais lors du creusement. À la fin des années 1990, la palmeraie comptait 48 khettaras, dont 16 taries ; entre 1960 et 1980, on en dénombrait 58, dont six taries. La plupart ne dépassent pas 50 litres par seconde, alors que la khettara Makhzen, revêtue et longue de plus de six kilomètres, en amont de Skoura, en fournit 114.
L’eau appartient à des collectivités d’ayants droit qui ont construit séguias et khettaras à leurs frais ; chacun peut vendre ou louer sa part. Elle est distribuée par tour d’eau, la nouba, selon la part de travail fournie ; à Skoura, un cycle dure en général 12 jours, sinon 16 à 20. Autrefois, on mesurait les tours d’après les heures de prière, la nuit d’après les étoiles ou d’après l’ombre sur un mur ; aujourd’hui avec la montre. La jemaâ, l’assemblée du ksar, organise l’entretien et désigne un amazal qui veille sur les tours d’eau.
Une cartographie fondée sur l’imagerie satellitaire et des relevés de terrain en 2021 et 2022 a recensé 268 tronçons de khettara dans l’oasis et autour ; 80 % existaient déjà en 1971 au plus tard. La khettara Makhzen a été construite avec les habitants entre les années 1930 et 1950, sous l’administration du protectorat. L’Office régional de mise en valeur agricole de Ouarzazate (ORMVA) a ensuite repris les travaux ; en 1989, il a fait renforcer séguias et puits avec du béton. En 1996, l’oasis comptait 74 motopompes. Pendant les sécheresses des années 1980, de nombreuses khettaras du sud se sont taries ; après les pluies de 2005, certaines ont de nouveau donné de l’eau.
Monuments
Entre les champs se dressent des kasbahs en brique crue et en pisé. Pour l’une d’elles, la kasbah d’Amridil à Skoura, le ministère de la Culture préparait en 2018 un décret d’inscription sur la liste du patrimoine national.
Climat
Les données climatiques proviennent de la station météorologique de Ouarzazate, à 1 136 mètres. Sur la période 1991–2020, elle a relevé en moyenne 115 millimètres de précipitations par an ; la moyenne des températures maximales quotidiennes allait de 17,3 °C en janvier à 38,8 °C en juillet.
En bref
- Région
- Drâa-Tafilalet, province de Ouarzazate
- Population
- 24 053 dans la commune de Skoura Ahl El Oust, 4 576 dans le centre (2024)
- Situation
- bassin entre le Haut Atlas et le Jbel Saghro, de 1 000 à 1 600 m
- Cours d’eau
- oued el-Hajjaj, oued Boujilha, oued Madri, vers le Dadès
- Khettaras
- 268 tronçons cartographiés (2021–2022)
Mois au climat doux
janvier, février, mars, avril, octobre, novembre, décembre. Mois aux maximales moyennes entre 17 et 30 °C et moins de 60 mm de pluie; Ouarzazate (WMO 60265, 1136 m, 1991–2020).
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Vérifié le 24 oct. 2026. Chaque numéro dans le texte ouvre sa source.